Jour J+1:
De Penitentes à Confluencia (3390m)
 
Aujourd'hui nous allons "enfin" marcher, le premier jour de sport. Au lever, je me bloque le dos, les matelas de l'hotel étaient sans doute trop mous. Une année de kiné Mezière foutoue en l'air par un matelas, j'enrage! J'ai beau faire les étirements appris, rien y fait, ça commence bien...
Les petits sacs de la veille sont chargé sur un 4x4 et nous embarquons pour Horcones le point d'entrée du parc. A la demande de Sophie nous faisons un  petit détour par la curiosité locale: Punta del Inca une sorte de source pétrifiante géante. Bof, je ne suis pas enthousiasmé, l'endroit sent vraiment l'attrape touriste. Il est de toute façon desert. Nous nous sommes tellement focalisés sur notre préparation pour le sommet avec Jeff nous n'avons même pas pensé à emmener le routard du coin. J Louis en a un mais je ne sais pas si il pense à le sortir. 
Après cette pause culturelle, nous reprenons la jeep pour une petite demi heure jusqu'à l'entrée du parc, "Horcones".
 
A l'entrée du parc nous devons montrer patte blanche au ranger: Une fois nos permis daté nous avons 20 jours pour réaliser le sommet. L'expé est prévue pour durer au maximum 17 jour. Les permis sont donc datés et on nous remet à chacun le célèbre "sac à caca", numéroté en concordance avec notre permis. Nous sommes sensés rendre ce sac "plein" à notre retour. Là nous apprécions d'être dans une expé organisée, Juan I. le guide assistant collecte nos sac, les guides se chargeront de cette aspect scatologique de la logistique. En pratique, Conflencia, le camp que nous devons atteindre aujourd'hui et le camp de base ont des toilettes "en dur". Pour l'ascension proprement dite, nous ne savons pas encore. Les guides ne rigolent pas lors de la collecte des sacs car un sac perdu nous coûtera 100 USD au retour.  Nous voyons passer un hélico qui justement redescend un des futs des toillettes d'un des camps. Les argentins semblent tenir à la propreté de leur sommet. La restitution des permis datés est assez comique car le ranger essaie de faire un effort pour nous appeler par nos prénoms tronqués sur les permis:
-" Jean "
-"Which one???"
 
Il est 10h30, nous commençons la ballade, les sacs sont "vides": petite laine, gourde et casse croûte pour midi fourni le matin par les guides. Ceux ci nous mettent tout de suite en garde contre le seul danger de la journée et sans doute des jours à venir: les mules qui ravitaillent Confluencia et le camp de base: Elles font ce qu'elles veulent malgrès les muletiers et il est donc fortement conseillé de les garder à l'oeil si elles nous suivent et s'écarter du sentier dès qu'elles approchent. Le ciel est nuageux donc nous ne voyons pas la face Sud, il faut en garder pour le retour. Nous arrivons rapidement à une passerelle qui permet de traverser la riviere qui donne son nom au coin: Horcones. C'est sans doute la passerelle construite lors du tournage de "7 ans dans la cordiellere", pardon "7 ans au tibet"!!!!
12h30, c'est l'heure de la pose casse croute, nous nous disons qu'à ce rythme nous allons vraiment mettre les 4h annoncées pour atteindre un camp à peine 500m plus haut que l'entrée du parc. Les guides nous expliquent que le but c'est de s'acclimater tranquillement pour faire le sommet et ne jamais nous fatiguer, il faudra s'y faire. Moi je ne suis pas mécontent qu'on soit parti tranquille, mon mal de dos est toujours là et je me dis que je risque rapidement de passer au plan B vu l'effet nul des étirements sur mon état actuel.
 
Nous repartons tranquilement en évitant les mules, et en regrettant que le temps ne soit pas un peu plus lumineux. Nous refaisons un pose et Juan I. sort ça radio et commence à discuter en espagnol, personne ne comprend ce qu'il peut bien raconter.
1/2h plus tard, nous comprenons, nous arrivons dans le camp et le gouter nous attend, avec des roulés "saucisse de strasbourg" tout droit sortis du four! Moi je me dis qu'on a vraimement mal géré le budget guide, je suppose que le sentiment est partagé par le reste des clients: 3h de marche pour faire 500m de dénivellé et petits fours à l'arrivée!!!
 Le camp est très peu rempli, tous les opérateurs ont de grandes tente mess pour leur client. Quelques personnes sont là en autonomie, la plupart pour trekker dans le parc au vu de leur tenues.
Bien entendu les mules nous ont précédé avec nos sacs. Une fois les tentes montées, le groupe part se ballader, ils sont la plupart marathoniens et commencent déjà à ronger leur frein. Pour moi c'est après-midi à thème Meziere. Nous prenons notre repas du soir dans la tente mess qui nous est réservée et dodo.  Je passe au plan B, anti-inflamtoire et décontractant musclulaire: je dors comme un bébé.
Demain nous irons voir la célèbre face Sud de l'Aconcagua libérée par des français en 1954.